Avant-veille de mon 17ème anniversaire, 23 heures et des poussières.
Ce qu'il s'est passé il y a quelques dizaines de minutes est tout simplement fantastique.
Un orage.
Rien d'incroyable, me direz-vous. Mais mon dieu, quel orage.
Le plus immense, le plus bruyant, le plus gros de tous ceux que j'ai jamais eu l'occasion de voir.
En quelques mots : jamais de ma vie je n'avais vu quelque chose qui soit aussi beau et effrayant à la fois.
J'ai enfilé un pull bien trop grand pour moi, éteint la lumière de ma chambre, ouvert en grand mes volets et fenêtres et m'y suis accoudée. Le lampadaire face à moi ainsi que tous ceux de la rue en bas se sont retrouvés hors-service en quelques minutes. Et ce qui se trouvait autour, au-dessus de moi, était juste magnifique. Les "flashs" et le tonnerre étaient continus, mais à intervalles réguliers, un éclair bien mieux dessiné que les précédents zébrait le ciel, le coupant en deux, et annonçait le grondement qui allait suivre. Des grondements qui faisaient que l'on se demandait comment le monde pouvait ne pas s'arrêter de tourner à l'instant où il résonnait. Jamais je ne me suis sentie aussi petite, insignifiante et fragile.
Quand, pour je ne sais quelle raison, je suis sortie de ma béatitude, réalisant que la pluie s'était faite moins forte, que la lumière et le bruit s'étaient éloignés, je me suis rendue compte que tout le temps pendant lequel ce spectacle avait duré -une demi-heure ?- ma tête avait été complètement vide. Je n'étais même plus là, j'étais absorbée par la contemplation de l'immensité et de la beauté de ce qui m'entourait. Et je n'étais plus rien.
Désolée si ceci ne veut rien dire, si vous me prenez pour une grosse débile (à me mettre dans tous mes états pour quelque chose d'aussi simple et connu qu'un orage), de toute façon, je vous comprendrai ; mais à l'instant je suis perdue, et un peu fatiguée.